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Sécurité

L’impact de la MINUSMA à Ménaka : bilan de fin de la mission

La MINUSMA a officiellement fermé son camp de Ménaka le 25 août 2023, marquant la fin de la première phase de son retrait du Mali.

La fermeture de la base de Ménaka fait suite à celles de Goundam, Ber et Ogossagou.

Ce processus s’inscrit dans le cadre de la résolution 2690 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui a été adoptée le 30 juin 2023. La résolution prévoit un retrait « coordonné, ordonné et sécurisé » de la MINUSMA, qui doit être achevé au 31 décembre 2023, la liquidation de la Mission commençant à partir de janvier 2024.

La coordination, clé de la réussite de la première phase du plan de retrait

« La conclusion, dans les délais, de cette première phase de notre plan de retrait est le résultat du travail soutenu des équipes de la MINUSMA et de la bonne coordination avec les autorités maliennes », a indiqué El-Ghassim Wane, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies et chef de la MINUSMA.

« Avec ces fermetures, nous avons réduit de 25% de notre empreinte géographique au Mali et nous sommes déterminés à persévérer dans cette dynamique pour conclure notre retrait d’ici au 31 décembre 2023, malgré les défis de plusieurs ordres qui devront être surmontés pour la deuxième phase du plan de retrait de la Mission », a-t-il poursuivi. Le Représentant spécial a également salué l’engagement des casques bleus nigériens et togolais qui étaient basés à Ménaka, notant que « leur sens du devoir fut à tous égards remarquable ».

L’épicentre de la crise au Mali et l’arrivée de la MINUSMA dans la région

En juillet 2013, la MINUSMA a été déployée dans le pays pour soutenir le processus de paix et la restauration de l’autorité de l’État. La Mission a rapidement établi une base à Ménaka, une région située dans la zone dite des trois frontières avec le Burkina Faso et le Niger, dans le nord-est du Mali. Cette région, durement marquée par la présence déstabilisatrice de groupes armés terroristes, est encore le théâtre de conflits.

En 2017, la base de la MINUSMA à Ménaka a été renforcée pour mieux appuyer la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali (APR), protéger les civils et soutenir la restauration de l’autorité de l’État. À l’unité de police constituée fournie par le Togo se sont ajoutés des militaires nigériens et des officiers d’état-major issus de différents pays, ainsi que des éléments de génie et de déminage chinois et cambodgiens.

Avec le pic de violence observé en mars 2022, la MINUSMA a intensifié ses opérations dans la localité, notamment par le déploiement de casques bleus additionnels provenant de la base de la Mission à Ansongo, dans la région de Gao, et la mobilisation de moyens supplémentaires, y compris aériens. La coordination avec les Forces de défense et de sécurité maliennes fut également renforcée, notamment par la conduite de patrouilles conjointes impliquant la police malienne et l’unité de police constituée togolaise se trouvant à Ménaka.

Protéger et rassurer les communautés, appuyer la restauration de l’autorité de l’Etat

Durant leur déploiement, les casques bleus ont contribué à dissuader les actions terroristes et à renforcer la protection des civils au travers d’opérations de sécurisation de la ville. Les patrouilles de la MINUSMA, menées au plus près des populations, étaient l’occasion de leur apporter un soutien concret, par exemple des consultations médicales gratuites et des dons de médicaments, de vivres et d’ustensiles. Les casques bleus ont renforcé leur présence dans la région grâce à des opérations de grande envergure, telles que l’opération « Seka ». Ainsi, durant cette période, les éléments du contingent du Niger ont réalisé près de 1 200 patrouilles. Avec un rythme soutenu de plus de 15 patrouilles par semaine dans la ville de Ménaka, UNPOL avait une présence rassurante au marché hebdomadaire de la ville, favorisant ainsi la relance de l’économie locale. Des patrouilles régulières étaient également effectuées avec les gendarmes et policiers maliens.

A Ménaka, les policiers des Nations unies, en collaboration avec leurs confrères maliens, ont aussi initié les communautés au concept de Police de proximité. Recommandation de l’APR, elle vise à mettre le citoyen au centre de la production de la sécurité, en favorisant le dialogue et la collaboration avec les forces de l’ordre.

Dans le respect de la politique de diligence voulue des Nations unies en matière de droits de l’homme, UNPOL a œuvré au renforcement des capacités techniques des FSM, à travers des formations et la fourniture d’équipements. Plusieurs réalisations sont à mettre à l’actif de la MINUSMA à cet égard, à l’image de la réhabilitation du Commissariat de police de la ville inauguré en octobre 2016. D’autres actions de ce type ont eu lieu, dont la construction et l’équipement de la préfecture et de la brigade de gendarmerie de la ville de Ménaka. La MINUSMA, a également réhabilité et équipé le palais de justice et la maison de correction de Ménaka et contribué au déploiement du juge de paix pour sa prise de service.

Des efforts de paix constants

Dès les premières heures de son déploiement dans la région, la MINUSMA a soutenu les actions de promotion de la paix et de la réconciliation initiées par les communautés et les autorités. La toute première rencontre intercommunautaire sur la paix, la cohésion et la réconciliation tenue en avril 2016 ou encore la caravane de la paix qui a sillonnée la région quelques mois plus tard, en novembre, en sont de bons exemples.

Cette dynamique s’est poursuivie, donnant lieu à plusieurs autres initiatives, comme l’emblématique « Ménaka sans armes » en 2020. Menée par les FAMa et les groupes signataires de l’APR, cette initiative visait à réduire l’insécurité dans la ville et ces environs. Soutenue par la MINUSMA, elle avait eu pour résultat la reprise des activités économiques, sociales et culturelles dont « la Nuit de la Paix, de la Cohésion sociale et de la Réconciliation », tenue en décembre 2021.

En mai 2023, un espoir nourri de longue date devient une réalité palpable. Un autre dialogue intracommunautaire financé par la Mission de paix de l’ONU a mis fin à dix ans de conflit entre deux groupes de la communauté Daoussahack. Un acquis que les communautés et les autorités locales et nationales auront à cœur de préserver après le départ de la MINUSMA, tout comme ses autres réalisations.

La MINUSMA a également joué un rôle important dans la réconciliation entre femmes de Ménaka appartenant à des mouvements différents. En effet, les différences entre ces mouvements constituaient une barrière à l’autonomisation des femmes. Pour résoudre ce problème, la MINUSMA a appuyé la mise en place d’un Réseau des femmes leaders pour la paix et la cohésion sociale en mai 2023. Ce réseau a permis aux femmes de se rencontrer et de discuter de leurs préoccupations communes. La MINUSMA a également renforcé les capacités des membres du réseau en leadership féminin et en plaidoyer pour leurs droits.

Soutien à la stabilisation

Pour encourager les efforts de stabilisation dans la région, de 2016 à 2023, la Mission de l’ONU a consacré près de quatre milliards de francs CFA à la réalisation de 38 projets relatifs aux renforcement des capacités de la société civile et des autorités locales ainsi qu’à la construction et la réhabilitation d’infrastructures communautaires de santé, de sécurité et d’éducation. Cette enveloppe a aussi permis de lancer des activités génératrices de revenus, de favoriser le retour des services sociaux de base ou encore de soutenir la production agricole. Les investissements de la MINUSMA ont aussi contribué à améliorer l’éclairage public et à soutenir les radios communautaires. Par ailleurs, 625 millions de francs CFA ont été consacrés à des projets humanitaires et de développement.

D’autres projets à impact rapide ou financés par le Fonds fiduciaire de la MINUSMA ont aussi soutenu les populations, notamment par la rénovation d’écoles et de centres de santé, la création d’emplois pour les jeunes et la fourniture de kits agricoles aux familles. La Mission a également soutenu le renforcement des capacités des acteurs locaux, favorisant une meilleure gouvernance et la confiance entre les administrés et les autorités locales. Plus de 900 personnes, notamment des femmes et des jeunes, ont bénéficié directement de ces actions de renforcement des capacités. Pour réduire la violence communautaire liée à l’accès aux ressources naturelles telle que l’eau, la MINUSMA a consacré plus de 100 millions de francs CFA, notamment en mai 2021, à la création et à la réhabilitation de systèmes d’adduction d’eau dans l’ensemble des quartiers de la ville de Ménaka et desservant les populations dans un rayon de 30 kilomètres.

Faciliter l’accès humanitaire

Pour permettre aux organisations humanitaires d’accéder aux communautés vulnérables en toute sécurité, la MINUSMA sécurisait la piste d’atterrissage de Ménaka et organisait des patrouilles régulières autour des sites de déplacés internes. En plus de faciliter l’aide humanitaire, elle est également intervenue directement pour secourir les plus populations en détresse.

A titre d’exemple, en août 2015, une équipe de la MINUSMA s’était mobilisée à partir de Gao pour venir en aide aux sinistrés de la ville de Ménaka qui venait de subir des inondations sans précédent. Entre mars 2022 et mars 2023, la situation sécuritaire s’est considérablement dégradée. Cela a engendré 78 500 déplacés internes avec des besoins importants qui ont davantage pesé sur ceux des communautés hôtes déjà affaiblies. En collaboration avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), la MINUSMA a alors fourni des abris à un millier de ménages en installant des tentes. En mars 2023, le contingent nigérien a distribué d’urgence plusieurs milliers de litres d’eau potable aux familles déplacées par les violences dans le cercle de Tindermène. Cette action a été un maillon essentiel dans la chaîne de l’assistance qui sera fournie par les agences humanitaires à cette population majoritairement constituée de femmes et d’enfants.

Préserver les acquis

A Ménaka comme ailleurs, les autorités maliennes et les agences de l’ONU ont la volonté de consolider les acquis de la MINUSMA après son retrait. Cependant, la contribution de la communauté internationale sera nécessaire pour y parvenir.

MINUSMA

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