Lutte anti-braconnage au Mali: 23 nouveaux rangers formés grâce au Fonds fiduciaire de la MINUSMA

Le 26 novembre dernier, le Bureau régional de la MINUSMA à Mopti, à travers sa Section de la Réforme du Secteur de la Sécurité/Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (RSS-DDR) a procédé à la remise de certificats à 23 Gardes forestiers (Park Rangers), sanctionnant une formation aux techniques de contre-braconnage pour la protection des communautés et des éléphants de la région du Gourma, s’étendant à Tombouctou, Mopti et Gao.

Cette formation entre dans le cadre de la deuxième phase du projet portant sur la « Sécurité communautaire et soutien à la lutte contre le braconnage dans la région du Gourma”. À travers son Fonds fiduciaire pour la paix et la sécurité au Mali, la MINUSMA a injecté plus de 319 millions de FCFA dans cette deuxième phase.

Cette cérémonie de remise de certificats a consacré la clôture de la deuxième phase du projet « Sécurité communautaire et soutien à la lutte contre le braconnage dans la région du Gourma », faisant ainsi passer le nombre total de rangers formés et équipés à quatre-vingt-quinze (95) au total. Pendant six mois, les vingt-trois (23) nouveaux récipiendaires de la Brigade Mixte de lutte contre le braconnage ont été formés pour assurer la protection de la faune et des communautés du Gourma.

Tenue à la base des Forces Armées maliennes (FAMa) à Sévaré, la cérémonie de remise a réuni une centaine de personnes parmi lesquelles, les responsables militaires, le Directeur Nationale des Eaux et Forêts, le représentant de l’ONG Wild Foundation, partenaire de mise en œuvre, ainsi que les représentants régionaux de la MINUSMA et du PNUD.

Ce projet est porté par les sections de la Réforme du Secteur de la Sécurité (RSS) et de Désarmement, Démobilisation et Réintégration (DDR) et de l’Environnement de la MINUSMA. Il a été mis en œuvre dans le cadre d’un protocole tripartite de collaboration établi entre la Direction nationale des Eaux et Forêts (DNEF), l’Etat-major général des Armées du Mali, et l’ONG Wild Foundation.

Des actions inscrites au cœur du Mandat de la Mission

La MINUSMA est la seule Opération de maintien de paix ayant dans son Mandat le soutien à la préservation du patrimoine culturel et la gestion des impacts environnementaux. Particulièrement en ce qui a trait aux normes de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). De plus, parmi les priorités de la Mission, se trouvent la protection des civils, le soutien technique et à la formation pour le rétablissement de l’autorité de l’État dans le nord du pays, la prévention du retour des éléments armés, le soutien de la police et de la gendarmerie maliennes, et la gestion des armes et des munitions.

C’est dans ce contexte, qu’en 2016, la section RSS-DDR et celle de l’Environnement et Culture de la MINUSMA avaient initié le projet de « Sécurité communautaire et soutien à la lutte contre le braconnage dans la région du Gourma ». L’objectif global vise à renforcer les capacités techniques des Gardes forestiers et des militaires maliens, afin de leur permettre de mieux assurer leur fonction de protection de la faune et de la flore, ainsi que des communautés riveraines.

Cette deuxième phase a aussi concerné l’opérationnalisation de l’avion Ultra-Léger-Motorisé (ULM) dont la MINUSMA avait doté l’Armée de l’Air et la Direction nationale des Eaux et Forêts sous tutelle du Ministère de l’Environnement et du Développement Rural, en décembre 2018. Cet appareil est utilisé pour la surveillance aérienne des éléphants du Gourma et de leur habitat, par la compagnie mixte d’anti-braconnage. L’autre aspect couvert par cette deuxième phase a été la construction d’une clôture d’une superficie de quatre hectares devant abriter les infrastructures de sécurisation et de protection de l’aérodrome de Douentza. La MINUSMA avait officiellement inauguré cette clôture en janvier 2020, à Douentza.

Pour rappel, c’est lors de la première phase du projet que la MINUSMA avait financé l’achat d’un avion ULM avec accessoires, de quatre véhicules tout terrain, et d’équipements de communication, ainsi que de la formation de 70 autres membres de deux brigades mixtes d’anti-braconnage, issus de la Garde forestière et des Forces armées maliennes.

La MINUSMA annonce pour bientôt une troisième phase

Lors de leurs interventions, à l’unanimité, les représentants des entités nationales ont mis en évidence la nécessité de poursuivre cet appui au renforcement des capacités de la Brigade mixte. Par ailleurs, les autorités maliennes ont également souligné l’urgence de la construction des infrastructures de sécurité et de protection à Douentza pour combler le fossé de 260 km qui sépare cette ville de Mopti, ceci, afin de rendre la compagnie des Park Rangers plus autonome.

Prenant la parole lors de cette cérémonie de remise de certificats, Jens CHRISTENSEN, représentant de la Cheffe du Bureau régional de la MINUSMA à Mopti a renouvelé l’engagement de la Mission onusienne à accompagner l’Etat malien à rendre totalement opérationnel les structures chargées de la protection et la lutte contre le braconnage dans le Gourma. « Dans un futur proche et avec votre adhésion, nous verrons le troisième volet du projet démarrer, grâce au Fonds Fiduciaire fourni par la République d’Allemagne, pour la poursuite du renforcement des capacités, l’exploitation de l’ULM et la construction desdites infrastructures à la demande de l’Etat Major Général de l’Armée malienne et de la Direction nationale des Eaux et Forêts », a-t-il déclaré.

Une approche unique de la sécurité humaine et environnementale

Ce projet revêt un aspect de sécurité en faveur des communautés, jadis inquiétées par la migration des éléphants, qui se sentent, désormais, rassurées par la présence régulière des membres de la Brigade Mixte de lutte contre le braconnage. Aussi, a-t-il été mis en œuvre des projets de développement sensibles aux conflits, en faveur des populations touchées dans la région du Gourma.

Au cours de la deuxième phase, la MINUSMA a aussi soutenu des initiatives d’engagement communautaire, visant à profiter à la fois aux populations locales et à la durabilité à long terme des ressources dont elles sont à la fois les gardiennes et les bénéficiaires. Ont été, entre autres, mis sur pied, un réseau de 780 écogardes établi dans toute l’aire de répartition des éléphants, qui fournit des informations sur les éléphants et mène des activités de gestion des ressources naturelles communautaires (CBNRM) ; la formation de 34 écogardes de 14 communes au maniement du GPS et 16 écogardes de 7 communes formés aux méthodes de comptage des éléphants ; la création de 7 associations communautaires pour soutenir des programmes de moyens de subsistance alternatifs rendus plus productifs par la CBNRM, avec la participation de 193 ménages; et la création par les écogardes de 2 503 km de coupe-feu.

Ce projet apporte donc un soutien continu aux communautés du Gourma, y compris la surveillance permanente des éléphants et les activités de protection des ressources par des éco-gardes communautaires. Depuis le déploiement de l’unité de lutte contre le braconnage en février 2017, les forfaits des braconniers ne sont plus que de mauvais souvenirs. En effet, le dernier cas enregistré remonte à octobre 2017 et aucun abattage n’a été constaté, comme ce fut le cas les années antérieures.

MINUSMA

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