Mali : Abdoul Bara al-Sahraoui, un étranger à la tête de l’EIGS

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Désigné la semaine dernière pour succéder à Adnan Abou Walid al-Sahraoui, l’État Islamique au Grand Sahara (EIGS) a un nouveau chef : Abdoul Bara al-Sahraoui. A travers la nomination de cette figure inconnue dans la région, la hiérarchie arabe de l’EI confirme sa volonté de garder le contrôle total de sa filière sahélienne.

La nouvelle est tombée le 28 octobre dernier. A l’occasion d’une réunion tenue le même jour, la hiérarchie centrale de Daech a choisi Abdoul Bara al-Sahraoui comme successeur d’Adnan Abou Walid al-Sahraoui « AWAS », après que ce dernier ait été tué en août 2021. Inconnu du grand public, l’homme fait l’objet de rumeurs contradictoires.

Si son patronyme évoque les mêmes origines que son prédécesseur, certaines sources décrivent cet homme né dans le Sahara occidental comme un Libyen. Pour d’autres, il serait un combattant étranger installé en Libye et donc peu familier du Sahel. Une chose est sûre : outre sa discrétion, le manque d’informations à son sujet traduit son importance réduite au sein du groupe.

En outre, cette désignation inattendue confirme la volonté de l’organe central de Daech de maintenir le groupe sahélien sous contrôle arabe. Une décision prise alors que, pour la première fois depuis la création de l’EIGS, plusieurs cadres locaux de l’organisation étaient pressentis pour succéder à Abou Walid. En premier lieu, Issa Barrey, homme de confiance de ce dernier et figure de la communauté peule dans le Liptako.

Chef de groupe, cet ancien trafiquant s’est fait particulièrement connaître lors des attaques sanglantes de Tongo-Tongo et de Baley Béry (Niger), avant de gravir les échelons de l’organisation. Familier des réseaux de banditisme locaux et proche des figures du MUJAO historique, son réseau étendu dans toute l’Afrique de l’Ouest faisait de lui un candidat sérieux pour une fusion de l’EIGS avec l’Etat Islamique en Afrique de l’Ouest.

Figure bien connue du Liptako, le second prétendant pressenti était le dénommé Illiassou Djibo. Instigateur de l’embuscade de Tongo-Tongo, ce cadre des premières heures de l’EIGS disposerait également de réseaux fournis dans tout le Sahel. A la tête d’un groupe de combattants extrêmement violents, il aurait toutefois été écarté de l’entourage d’al-Sahraoui du fait de son tempérament particulièrement nerveux.

Enfin, la tête de l’organisation aurait également pu revenir à Oussama Modali. Ancien proche d’Ikaraye, commandant de l’EIGS dans la région de Ménaka, il a connu une ascension fulgurante depuis l’exil d’Illiassou Djibo. Malgré la succession de son chef par Mohamed Ag Didi, c’est désormais lui qui supervise les actions de l’organisation dans le Liptako. Mais, après la mort de plusieurs cadres du groupe dans la région, il est tout à fait envisageable qu’il ait préféré se faire discret et laisser la place à un étranger.

Après plus d’un mois de délibérations, la nomination d’Abdoul Bara al-Sahraoui pose beaucoup de questions. Ce qui est sûr c’est que, malgré la base majoritairement peule de l’EIGS, le sommet de sa hiérarchie reste réservé aux cadres arabes. Il convient de se demander pourquoi. S’il s’agit d’un manque de considération de l’organe central pour les combattants non-arabes, les peuls du Liptako pourraient s’interroger sur le sens d’un combat, qui sépare les musulmans en fonction de leur origine. S’il s’agit d’une défiance profonde envers les peuls suite à la neutralisation des leaders arabes comme « AWAS » et ses adjoints historiques, alors les règlements de compte vont se poursuivre. Il serait difficile de le savoir aujourd’hui mais l’irruption de ce cadre étranger pourrait remettre en question l’unité d’un groupe déjà fortement fragilisé ces derniers mois.

Siaka Sidibé

@SidibSiaka17

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1 Commentaire

  1. Depuis le début de cette guerre, j’ai écrit et averti qu’il s’agit d’une guerre de conquête téléguidée par les Arabes du Golf. Un haut cadre du MUJAO, d’origine nigérienne, avait dénoncé ce racisme au sein des groupes djihadistes avant de les quitter. Maintenant, à ceux qui prônent la négociation, la question se pose à nouveau : avec qui négocier quand les têtes sont des étrangers?

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