Mali : Assassinats de chefs de la CMA, à qui ça profite ?

Suite à l’attaque du camp de la MINUSMA à AGUELHOK le 2 avril 2021, par le JNIM, l’ONU a condamné fermement cette attaque ayant causé la mort de 4 casques bleus tchadiens.

Le 4 avril, les membres du conseil de sécurité de l’ONU ont appelé le gouvernement de transition à enquêter sur cette attaque pour que les responsables soient poursuivis. Quelques jours plus tard alors que des rumeurs de collusion entre le groupe d’Iyad Ag Ghali et la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) se répandaient au sein de la presse écrite comme sur les réseaux sociaux, Sidi Brahim Ould Sidatt, était assassiné à Bamako. Plus récemment, un article accusait la CMA d’entraver le processus de paix.

Enfin, sur les réseaux sociaux, un chef du mouvement arabe de l’Azawad aurait été assassiné par des hommes armés à Ménaka le 21 mai.  Simples coïncidences ?

Des intérêts économiques devenus divergents ?

C’est monnaie courante au Mali que trafic et commerce soient confondus et la CMA n’échappe pas à cette règle.

En effet, pour survivre ce mouvement serait largement impliqué dans les trafics illicites et notamment le narcotrafic. Il se pourrait donc effectivement, comme les médias l’affirment, que l’assassinat de Sidi Brahim Ould Sidatt ne soit qu’un règlement de compte interne au mouvement.

Par ailleurs, il est clair que la CMA pourrait avoir intérêt à ralentir le processus de paix pour pouvoir en toute impunité poursuivre ses trafics ; le retour de l’État ne pouvant que l’entraver.

L’assassinat de Brahim Ould Sidatt et d’un des chefs du MAAAZD le 21 mai semblent toutefois indiquer qu’on ne peut à la fois trafiquer avec le GSIM, affirmer le combattre et combattre l’État Islamique au Grand-Sahara (EIGS).

Des meurtres commandités par les terroristes ?

Tout d’abord, les terroristes qu’ils soient membres de l’EIGS ou du JNIM auraient pu vouloir assassiner Brahim Ould Sidatt ainsi que le chef du MAAAZD de Ménaka. Pour le premier, on remarque que l’utilisation d’une moto et de deux assassins collerait parfaitement à ce que font les combattants dans notre crise interne. Mais quel serait le mobile ?

D’un côté l’EIGS, très contesté par le JNIM, cherche à gagner du territoire en direction du centre du pays. Abdul Hakim et Abou Walid Al Sahraoui n’hésitent pas à brûler des villages pour terroriser la population. Il est sûr que ces deux traitres à l’Islam en assassinant les chefs d’origine arabe, aurait pu espérer affaiblir Iyad Ag Ghali par rebond.

D’un autre côté, le groupe d’Iyad Ag Ghali aurait aussi tout intérêt à les faire tuer. En effet, se débarrasser du président de la CMA et de chefs locaux permet d’envoyer un message clair à Bilal Ag Charif et Alghabass Ag Intallah : le JNIM contrôle l’Azawad et les trafics. Probablement pour masquer son implication dans cet assassinat, le JNIM s’est même senti obligé de publier un démenti officiel concernant Brahim Ould Sidatt.

Si les terroristes avaient donc tout intérêt à se débarrasser des chefs de la CMA, il semble qu’en son sein des mobiles permettent également d’expliquer le crime.

Collusions, Sidi Brahim gênant pour les groupes de la CMA ?

Après l’attaque du camp de la MINUSMA à Aguelhok, des indices supplémentaires avaient mis en lumière la porosité existante entre le JNIM et certains groupes armés signataires de l’accord de paix d’Alger de 2015. Suite à cette attaque, un ordre de mission d’un officier du MNLA, groupe membre de la CMA, avait été retrouvé sur les lieux de l’attaque.

Ainsi, le lien entre la mort de Sidi Brahim Ould Sidatt et l’attaque d’Aguelhok est évident. Et s’il était au courant de cette attaque et que des combattants de la CMA y avaient participé, ne devenait-il pas gênant, d’autant plus en cas d’enquête de l’ONU ?

Quoiqu’il en soit, il semble bien à l’aune de ces éléments que la mort de Sidi Brahim Ould Sidatt et de chefs locaux de la CMA arrange bien du monde dans l’Azawad. JNIM, EIGS, terroristes infiltrés dans les groupes armés et trafiquants y trouvent leur compte.

Pour le chef de Ménaka assassiné le 21 mai, et si l’information est avérée, le temps et une éventuelle enquête permettront peut-être d’établir le même type de liens.

Alors que les négociations avec le conseil national de transition se poursuivent et que la diplomatie Italienne a essayé de faire avancer le processus de paix, il faut, à n’en point douter, que les groupes armés fassent le ménage dans leurs rangs et que leurs chefs deviennent plus intègres pour espérer gagner l’autonomie de l’Azawad et protéger les populations des exactions de l’EIGS et désormais du JNIM.

Siaka Sidibé

@SidibSiaka17

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