Mali : Assassinats et trahisons au sein de l’EIGS dans le Liptako

Alors qu’un Libyen nommé Abdul Bara al-Sahraoui aurait été intronisé à la tête de l’État Islamique au Grand Sahara (EIGS), l’organisation fait face à un avenir incertain. Cette dernière, rongée par les querelles intestines, retour dans le Liptako, où rivalités et vengeances personnelles ont précipité la chute de plusieurs de ses cadres.

Adnan Abou Walid al-Sahraoui, Oussama Modali, Petit Chafori. Au début de l’année 2021, plusieurs figures éminentes de l’EIGS avaient trouvé refuge au cœur du Liptako, accueillis par un certain Al Mahmoud Ag Baye, surnommé « Ikaraye ». Chargé des opérations militaires dans la région de Ménaka, ce notable local issu de la communauté Daoussak était surtout un homme de confiance d’Adnan al-Sahraoui. Épaulé par son cousin Meya Ag Erya – jusqu’à l’éviction de ce dernier pour trahison – lui et son groupe semaient la terreur dans les villages environnants.

En juin dernier, tout bascule lorsqu’Ikaraye est neutralisé par une frappe aérienne de Barkhane. La nouvelle se propage : le lieu où il se trouve aurait été vendu aux autorités. Certains soupçonnent Abou Dardar, arrêté quelques jours auparavant, d’autres accusent ses proches. L’EIGS se lance alors dans une traque sanguinaire. La purge est telle que même les membres de leurs familles sont tués. Pour les djihadistes, pas question de risquer des représailles. Certains, à l’instar d’Abdallah Ag Kalay chargé des finances du groupe, parviennent toutefois à fuir le massacre.

Mais qui succèdera donc à Ikaraye ? Il faut attendre plusieurs mois pour qu’un nom émerge, celui de Mohamed Ag Didi. Encore inconnu l’an dernier, c’est un opportuniste ambitieux qui profite de la disparition de ses concurrents pour se hisser dans la hiérarchie de l’EIGS. Arrivé à la tête du groupe, il entend affirmer son autorité sur la communauté Daoussak. Pour cela, il est assisté par Tebrat Ag Anara, l’ancien adjoint de Meya Ag Erya, qui n’a pas hésité à trahir son ancien chef retrouvé assassiné quelques jours après la mort d’Ikaraye.

A défaut de disposer de la légitimité coutumière d’Ikaraye, les deux hommes sont soucieux d’éliminer leurs rivaux. Ils commanditent alors l’assassinat de Mohamed Ag Siguidit, fils de Siguidit Ag Madit, adjoint au maire de Ménaka. Ancien intermédiaire du groupe, Mohamed jouissait d’une reconnaissance locale en tant que successeur de son père. A sa mort, c’est son cousin Saya Ag Alghader qui est désigné comme prochain héritier. Après s’être éloigné de l’EIGS, il s’en rapproche à nouveau, déterminé à venger le meurtre de son cousin.

Au même moment, Abdallah Ag Kalay réapparait de son exil, apparemment blanchi de tout soupçon. En réalité, l’organisation ne peut se passer de son précieux réseau et l’a rappelé en lui promettant sa réhabilitation. Mais comment se fier à ceux qui lui avaient jadis promis la mort ? De même, la colère gronde parmi les familles ayant perdu leurs enfants dans la purge. Elles tolèrent difficilement l’autoritarisme d’Ag Didi. La rumeur d’une scission interne se propage progressivement.

Aveuglés par leurs ambitions personnelles, les nouveaux cadres de l’EIGS dans le Liptako ont imposé leur autorité par le sang, celui de leurs frères et de leurs familles. A l’heure où l’organisation terroriste multiplie les débâcles, sa perte est plus que jamais susceptible de surgir de l’intérieur.

Siaka Sidibé

@SidibSiaka17

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