Mali : l’artisanat au service de la cohésion sociale

Prenant un morceau de cuir dans sa main, Bachira, une artisane touareg, commence à tisser un ornement qui sera cousu sur un nouveau coussin de selle coloré et qui finira peut-être par décorer une maison quelque part.

Bachira est une maroquinière accomplie. Elle fait partie des 360 artisans du Mali parrainés par la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), afin de promouvoir la cohésion sociale et le dialogue à travers l’art traditionnel.

« Lorsque je suis rentrée d’exil, les seuls biens personnels que j’ai apportés étaient mes connaissances et mes mains. Ce projet m’aide à tirer le meilleur parti de ce que j’ai. Il me permet de couvrir les besoins essentiels de ma famille. Je veux qu’ils aient une vie meilleure que la mienne », a-t-elle déclaré.

Bachira Walet MOHAMED, une mère de huit enfants âgée de 50 ans, est originaire d’un village proche de Ménaka, dans l’extrême nord-est du Mali. Elle a fui sa maison avec sa famille pendant la crise humanitaire qui a suivi le conflit de 2012. Toute la famille a vécu un an en exil au Niger, avant de rentrer en 2014.

Ce n’est que l’année dernière que Bachira a pleinement repris son travail du cuir, grâce à « La Maison des Artisans », une association régionale d’artisans, reconstruite et équipée avec le soutien de la MINUSMA. « Pendant ces années difficiles où la violence secouait notre ville, l’atelier a été vandalisé et, par conséquent, il a fermé. Je n’avais rien, même pas de quoi acheter de la nourriture », se souvient-elle.

L’art pour favoriser le dialogue et la tolérance

La MINUSMA a vu le potentiel de promotion de la paix et du dialogue à travers les arts et l’artisanat traditionnels, d’où l’idée de redonner à la « Maison des Artisans » sa gloire, à travers un Projet à Impact Rapide (QIP). La « Maison des artisans » de Ménaka a été entièrement reconstruite et équipée de meubles, de machines et d’outils pour les artisans travaillant dans la bijouterie, la soudure, le travail du cuir, la forge, la menuiserie, la couture et la sculpture sur bois.

Le projet, d’un montant de 45 000 dollars américains (environ 24,7 millions de FCFA), a redonné une activité économique à 360 artisan(e)s de différentes communautés. Il a même amélioré l’environnement opérationnel et renforcé leurs capacités de production et de distribution grâce à la formation.

L’objectif du QIP de la MINUSMA est de contribuer au développement socio-économique en améliorant les revenus des artisans de la région de Ménaka, qui connaît une insécurité croissante en raison des attaques de groupes terroristes et de bandits armés.

Selon Adass Ag ABDOUL KARIM, président de l’Union des artisans et coordinateur du projet, l’art peut briser les barrières et promouvoir la tolérance car « l’objectif est de créer un espace de dialogue, de tolérance et de paix à travers l’art », a-t-il déclaré. « Par là, réduire le chômage et améliorer le revenu familial des artisans ».

Adass est reconnaissant envers la MINUSMA pour le soutien continu qu’elle apporte à sa communauté et pour avoir contribué à rétablir la confiance dans l’artisanat bien connu du Mali. Néanmoins, il souligne la nécessité de former les jeunes, afin de sauvegarder les anciennes traditions de l’artisanat malien. En faisant cela, on favorise à la fois la qualité et les compétences commerciales des artisans, en particulier celles des femmes, et la création d’emplois. Le tout conduisant à la paix et à la stabilité.

Depuis 2013, la MINUSMA a parrainé plus de 740 projets d’impact rapide au Mali pour un montant total de 24 millions de dollars américains (13,29 milliards de FCFA), au bénéfice de plus de 10 millions de personnes. Ces projets ont contribué à renforcer la cohésion sociale et la sécurité, à améliorer l’accès aux soins de santé de base et à l’eau, à favoriser la formation et l’éducation, à promouvoir l’utilisation des ressources agro-pastorales, à créer des emplois temporaires et à long terme et à soutenir le patrimoine culturel.

Fournir une bouée de sauvetage aux artisans en difficulté

Alors que la température atteint son apogée dans les rues sablonneuses de Ménaka, sous un soleil de plomb, plusieurs bijoutiers touaregs travaillent dur à l’intérieur de la Maison des artisans. La plupart d’entre eux gravent à la main des pièces d’argent avec des outils artisanaux. Cela montre à quel point le processus traditionnel de fabrication des bijoux touaregs a peu changé.

Alhader AG TITAL a 51 ans. Orfèvre touareg, il est très calme. Il a appris le métier de ses grands-parents et de ses parents, avant de devenir lui-même un maître. Sa tranquillité s’estompe lorsqu’il parle de sa participation à ce projet. « Je suis très, très, très heureux. C’est la première fois que nous disposons d’un espace approprié pour travailler. Nous avons maintenant un endroit sûr et opérationnel, et nous en sommes très reconnaissants ».

MINUSMA

SUIVEZ MALIVOX PARTOUT

🔵Youtube

🔴Facebook

🔵WhatsApp👇👇👇

👉Malivox(1) 👉Malivox(2) 👉Malivox(3)

🔴Telegram

🔵Twitter

🔴LinkedIn

🔵Instagram

🔴TikTok

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*