Mali : Mahmoud Dicko, imam ou homme politique ?

Mahmoud Dicko est l’imam qui a contribué à faire plier le régime d’IBK en août 2020, il est aussi celui que la junte est venue saluer au lendemain du coup d’Etat. Il ne manque d’ailleurs jamais une occasion de prendre position sur des sujets politiques et sociétaux majeurs, au point que certains voient en lui un possible candidat à la future élection présidentielle.

Si l’intéressé se défend de toute aspiration politique, il n’en reste pas moins une figure influente du pays. Mais il est aussi un homme aux discours ambigus et aux prises de positions souvent contestées. A cause de ses ambitions mal dissimulées, il est souvent considéré comme un arriviste voire un usurpateur qui instrumentalise la religion à des fins politiques.

C’est pourquoi, à un an de l’échéance présidentielle, on est en droit de s’interroger si Dicko s’en tiendra à son rôle d’imam comme il l’avait annoncé, ou s’il aspire réellement à épouser une carrière politique qui, pour l’instant, est loin de lui tendre les bras.

En août 2020, alors que l’imam Dicko revendiquait son implication dans la chute d’IBK, il prévenait qu’il ne donnerait pas carte blanche au nouveau régime mais se disait prêt à soutenir la transition dont il précisait l’objectif : « accompagner le pays jusqu’à la prochaine échéance présidentielle ». Deux mois plus tard, il expliquait qu’il ne jouerait pas de rôle politique dans cette période de transition et qu’il choisissait de « retourner dans sa mosquée pour conduire la prière ». Pourtant, depuis le début de l’année 2021, l’imam en est de nouveau sorti, il multiplie les déclarations médiatiques et renforce sa présence sur la scène politique.

Récemment, il taclait les autorités de transition pour sa gestion qu’il qualifiait de calamiteuse, accusant celles-ci de mépris à l’égard du peuple. Sa sortie très pimentée sur les hommes forts de Bamako et ses déclarations acerbes voire menaçantes ont fait la une des quotidiens bamakois ; et ce pour une bonne raison, des invectives sur fond de rancunes politiques, ce n’est pas ce que les maliens attendent d’une sommité religieuse. Au contraire, le pays a besoin d’une véritable cohésion nationale, resserrée autour d’un régime qui se doit de diriger la république dans une période difficile et lui donner l’impulsion politique, institutionnelle et sociale qui conduira ce pays vers une nouvelle ère.

Aujourd’hui, si le fossé entre le régime et l’imam Dicko s’élargit, de plus en plus de Maliens se demandent si ce dernier ne se cherche pas un avenir politique très personnel. A moins qu’il ne soit en quête d’un sombre rôle de catalyseur des mécontentements afin de peser, à l’avenir, sur les prochains régimes en mesure d’exercer un quelconque chantage politique voire idéologique. C’est bien ce que la plupart des Maliens lui reprochent aujourd’hui, plutôt que de s’inscrire dans la vie politique, ils attendent d’un imam un positionnement sans ambiguïté contre le terrorisme au Sahel et un soutien indéfectible au régime.

Dicko l’a si bien dit :« la fonction d’un imam est de diriger la prière, certainement pas d’aspirer à diriger le pays ». Donc, c’est très clair, l’imam à la prière et les politiques aux commandes, les Maliens s’y retrouveront à la fin. Si l’imam Dicko se met en charge d’une mission au profit du pays, elle doit s’attacher uniquement à préserver l’unité nationale, à barrer le chemin au terrorisme et à appuyer les forces politiques économiques et sociales afin de conduire le Mali à la stabilité.

Boubacar Samba

@BoubaleSamba

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