Mali : Mort d’Abdul Hakim, une guerre de succession au sein de l’EIGS

Depuis quelques jours, des rumeurs insistantes évoquent la mort, par maladie, du N°2 de l’EIGS, Abdul Hakim Al Sahraoui. Figure particulièrement cruelle au sein de la galerie des djihadistes, sa disparition serait une très bonne nouvelle pour le Mali et l’humanité de manière générale. Les luttes internes pour sa succession pourraient exacerber les tensions au sein d’un groupe déjà tiraillés par les dissensions, le fragilisant d’autant dans son face à face avec le JNIM.

Dans les années 2010, Abdul Hakim avait appartenu au groupe terroriste MUJAO (mouvement pour l’unicité du jihad en Afrique de l’ouest) et avait été, avec Ahmed Al Tilemsi, responsable de la zone de Gao. Les habitants de Gao ne pleureront pas la mort de ce personnage sanguinaire qui occupait, avec son groupe, la ville dès 2012.

Imposant la charia, il s’était livré à un certain nombre de massacres et d’exactions. Proche d’Abou Walid al-Sahraoui, il avait suivi ce dernier dans son allégeance à Daesh, créant ainsi le groupe Etat Islamique au Grand Sahara (EIGS), et devenant le N°2 de l’organisation. Annoncé mort à plusieurs reprises depuis 2013, c’est finalement une banale maladie qui aurait eu raison de lui.

Nul doute qu’Abou Walid cherche déjà un successeur. La question est donc de savoir qui pourrait assumer ce poste crucial ? Responsable de massacres impitoyables des populations civiles, le groupe terroriste est aussi connu pour ses règlements de comptes internes sanglants et expéditifs. Les nombreux prétendants, issus d’ethnies différentes et cultivant une violence permanente, ont pour la plupart des velléités de pouvoir et n’hésitent pas à s’entretuer à la moindre occasion.

Ainsi, Abou Walid Al sahraoui confiera-t-il ce poste à un Peulh, communauté qu’il méprise et qu’il utilise comme chair à canon dans les combats, ou encore à un Touareg, ethnie contre laquelle il a récemment orchestré le massacre de plusieurs dizaines de villageois au Niger ?

La course semble donc ouverte dans ce qui pourrait tourner à la guerre de succession, faisant rejaillir les tensions internes et permanentes au sein de l’EIGS. Sur fond de confrontation armée et lutte de territoire, le JNIM, groupe terroriste concurrent, n’y verrait-il pas là une occasion rêvée, profitant de la désorganisation actuelle de son adversaire, pour reprendre les combats ?

Ibrahim Keïta

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