Mali: Quel avenir pour le RVIM après la mort de Bah Ag Mossa ?

Le 10 novembre 2020, une frappe française frappait le pickup qui ramenait Bah Ag Mossa, chef d’état-major du JNIM et bras droit d’Iyad Ag Ghali, à Kidal. Et si sa mort, au-delà d’être un coup dur pour la sphère djihadiste, marquait la fin de l’unicité du JNIM ?

Figure versatile de la lutte pour l’indépendance de l’Azawad, Bah Ag Mossa a été respecté au sein de la communauté touareg par le passé. Même si certains voyaient en lui un chef de guerre historique, son engagement dans les rangs de groupes terroristes affiliés à al-Qaïda a fini par révéler son vrai visage.

Pendant plus de vingt ans, jusqu’en 2012, son parcours a été marqué par une alternance entre une implication dans les mouvements de rébellion touareg et des postes au sein des FAMa. Hissé au rang de colonel dans les forces armées nationales, il désertera une dernière fois en 2012, au profit de groupuscules djihadistes. Naquis alors Ansar Dine, qui serait plus tard intégré au JNIM, fondé aux côtés d’Iyad Ag Ghali.

L’histoire récente a souvent retenu le nom d’Iyad comme le chef du JNIM, l’âme damnée d’AQMI au Sahel, le terroriste sanguinaire. Mais dans l’ombre, Bah Ag Mossa collaborait aussi à la lutte djihadiste qu’il avait faite sienne. Cherchant à tirer profit de son aura de chef historique de la rébellion touareg, il évoluait sur tous les fronts pour s’assurer de la mainmise du JNIM sur les différentes katibat qui le compose.

De la Mauritanie aux Adrars, en passant par le Gourma, il s’est servi de ses troupes pour mettre en place des attaques terroristes meurtrières comme celle de Nampala en 2016. En effet, il ne faut pas se fier à son surnom familial et rassurant de « Hami Moussa», l’oncle. Il était connu pour sa cruauté et avait la réputation de ne jamais faire de prisonniers, égorgeant les blessés et les faibles sans distinction.

Il ne s’agit donc pas ici de faire l’apologie de celui qui fut, par le passé, une figure respectée de la lutte pour l’indépendance touareg avant de s’avilir pour servir un groupe terroriste mais bien de rappeler qu’il a été l’architecte, pendant près d’une décennie, de la construction d’Ansar Dine puis du JNIM. Certes, Iyad Ag Ghali en est la figure emblématique. Mais une question s’impose aujourd’hui : et si l’homme qui a été tué par la France le 11 novembre dernier, Bah Ag Mossa, était en réalité le vrai chef du JNIM ?

Si cette hypothèse est confirmée, on ne donne pas cher de l’avenir du groupe terroriste. Iyad Ag Ghali est certes le chef historique du JNIM, mais c’est bien Bah Ag Mossa qui a, durant toutes ces années, effectué le long travail d’unification du djihad malien. Toutefois, cette unification n’était que façade, et elle ne s’est pas faite sous l’égide du JNIM mais bien sous celle de Bah Ag Mossa.

Les récents évènements depuis sa mort le prouvent : la multiplication des trahisons au sein du JNIM – en témoignent les nombreuses frappes meurtrières infligées par les français – ainsi que le nombre de défections de combattants du JNIM au profit de l’EIGS…

L’unicité d’action revendiquée par le JNIM ne semblait donc tenir qu’autour de la personne de son chef d’état major. Suite à la mort de Bah Ag Mossa, le délitement du groupe ne saurait tarder en dépit de l’action d’éclat du 30 novembre dernier dont la portée fut essentiellement symbolique. Au-delà du lien fort qu’il avec su conserver avec ses origines touareg, il tenait les chefs terroristes d’une main de fer, y compris les katibat du centre plus éloignées de la base de Kidal.

Iyad Ag Ghali, en revanche, est assoiffé de pouvoir. Il s’est vendu aux Algériens d’AQMI puis au gouvernement malien en négociant la libération des 200. Jamais il ne saura tenir le JNIM comme le faisait son bras droit, réel chef du groupe terroriste. D’ailleurs, les français ne s’y sont pas trompé : ils ont pris Bah Ag Mossa pour cible et non Ag Ghali, pour frapper le JNIM en plein cœur.

Siaka Sidibé

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