Mali : Terroristes, quand le savoir leur fait peur

C’est une hécatombe. Depuis le début de l’année des dizaines d’écoles ont été la cible des violences par les groupes armés terroristes. Ces derniers menacent les chefs de village, volent des fournitures, assassinent des enseignants et incendient des écoles. Chaque région est touchée et le Gourma ne semble pas échapper à la règle.

Le 2 et le 3 mai, les écoles de Gossi ont été la cible de nombreuses menaces de la part des djihadistes. L’école Maloli Ag Lawach du centre-ville a été incendiée. De plus, le directeur de l’école de Bocar Toure a reçu un appel menaçant de mort tous les enseignants si les écoles rouvraient. « Les terroristes ne nous laissent pas de répit pour éduquer les enfants. Ils n’ont pas la volonté de donner un avenir meilleur aux enfants » relate un enseignant de l’école en proie au désarroi.

Gossi était une des dernières villes du Gourma où des écoles étaient encore ouvertes. Même Hombori a fermé ses classes. Les écoliers doivent désormais se rendre à Douentza s’ils veulent étudier. En mars, dans le quartier de Kaïgourou, les terroristes avaient volé le stock de nourriture et brûlé les locaux de l’école du quartier. Depuis une partie des élèves était scolarisée à Bocar Toure.

Non seulement certaines écoles ont été saccagées mais bien souvent les enseignants sont en danger de mort. En effet, dans l’école de Benguel, à 30 km de Rharous, les djihadistes ont chassé les enseignants et les élèves avant de mettre le feu à l’ensemble des documents administratifs et d’apprentissage. Les enseignants ont été menacés d’être égorgés s’ils revenaient donner des cours.

Depuis la rentrée scolaire, ce sont 175 écoles qui ont du fermer leurs portes dans la région de Tombouctou et également dans le sud du Mali, dans les cercles de Sikasso, Koutiala et Yorosso. C’est avec une arme sur la tempe qu’un directeur d’école a été forcé de fermer son établissement. Les djihadistes sont venus à moto en pleine journée. Devant les enfants, ils ont ordonné l’arrêt immédiat des cours.

Ces actions menées par le JNIM ou l’EIGS démontrent encore une fois la volonté de couper à la racine toute possibilité de développement économique et social. Sans l’accès à l’éducation, le Mali n’a aucun avenir et la population sera maintenue dans l’obscurantisme.

Les terroristes rejettent l’importance de la connaissance, qu’ils voient comme un frein à leur volonté d’enrôler la jeunesse du pays. Ils se rendent bien compte du pouvoir de l’érudition : si les hommes et des femmes du pays sont éduqués, sensibilisés, il est bien plus difficile de les endoctriner. Ainsi, leur manipulation devient inefficace à partir du moment où les populations ont conscience de l’idiotie des exigences des terroristes.

Par exemple, dans le Liptako malo-nigérien, il était impossible pour les populations Zerma de laisser les terroristes s’emparer de la liberté de penser, d’agir et de travailler. Les villageois ont connu les écoles, les marchés prospères et les déplacements de ville en ville. Ils sont donc prêts à se rebeller contre cet ennemi de la liberté. Ils ne rentrent pas dans le rang, ils ne répondent pas à l’appel du fanatisme. Au contraire, ils résistent.

Sans surprise, les terroristes sont des êtres lâches qui ont peur du savoir. Ils s’attaquent à des enfants et à des professeurs sans défense. Il faut cependant rester confiant car la plume est plus forte que l’épée. Le meurtre des professeurs ou l’incendie des écoles n’empêchera jamais la diffusion du savoir et la naissance des idées. Mieux encore, ces actes ne feront que pousser les enseignants à instruire et la population à agir.

Mamadou Bare

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