Mort d’Abou Walid al Sahraoui : une fin inéluctable et des questions !

L’annonce de la neutralisation du chef de l’Etat Islamique au Grand Sahara (EIGS) a été particulièrement médiatisée ces derniers jours. Mais, au-delà de la victoire des forces armées engagées au Sahel, il nous faut revenir sur l’origine d’une telle réussite et, surtout, sur l’avenir de l’organisation terroriste.

La nouvelle est tombée dans la nuit du 15 au 16 septembre : un des pires et des plus grands terroristes de l’état islamique, Adnan Abou Walid al Sahraoui (AWAS) est mort. La force Barkhane l’a neutralisé lors d’une opération éclair du 17 au 22 août dans la région d’In Délimane, une zone où le groupe djihadiste est actif.

Des frappes aériennes et des commandos héliportés semblent avoir été employés de manière fulgurante pour obtenir un tel résultat. Bien que mis hors d’état de nuire par Barkhane, il s’agit surtout d’une victoire symbolique pour l’ensemble des acteurs notamment sahéliens, européens et américains engagés dans la lutte contre le terrorisme au Sahel. En effet, c’est la coopération entre toutes ces forces pour éradiquer les adeptes aux idéologies obscurantistes qui semble avoir contribué à ce succès historique.

La mort du chef de l’EIGS met en lumière la grande vulnérabilité du groupe djihadiste et vient affaiblir davantage l’entité terroriste déjà fortement diminuée par la disparition de nombreux de ses cadres. Cet affaiblissement n’est pas uniquement dû aux affrontements du groupe avec le RVIM mais résulte également de la pression constante des forces alliées.
Au cours des derniers mois, de nombreux cadres de l’EIGS proches d’AWAS, principalement du clan Sahraoui, ont été tués. Ceci nous oblige donc à nous poser la question suivante : Comment les forces armées et notamment françaises ont-elles pu atteindre al Sahraoui ?

La raison principale est une coutume bien connue des membres de l’EIGS : la trahison. En effet, il a été observé par le passé que l’EIGS regorge d’informateurs. Ces derniers n’hésitent pas à délivrer des renseignements très confidentiels aux forces de défense et de sécurité. De même, les terroristes capturés, notamment par les FAMA, peuvent vendre beaucoup d’informations à des fins personnelles. Ce n’est un secret pour personne, les captures de Rhissa ou de Jouleybib al Sahraoui ont été possibles suite à la divulgation d’informations par des membres directs de l’organisation. Ainsi, de véritables opérations de « chasses » et de « punitions » sont régulièrement lancées au sein de l’EIGS. De source locale, un dénommé Ibrahim ould Idoumou, un logisticien de l’organisation un peu trop bavard, aurait été exécuté fin août.

Quant à l’avenir du mouvement djihadiste, à présent, la question de la succession d’Adnan Abou Walid al Sahraoui va se poser. Figure emblématique du clan Sahraoui autour duquel l’EIGS s’est construit, sa mort ne manquera pas d’avoir des conséquences sur la capacité de renaissance de l’organisation. En mai, dans la région des trois frontières, la mort d’Abdul Hakim al Sahraoui avait déjà mis en lumière des dissensions au sein des membres du groupe islamique du Liptako. En effet, afin d’éviter que Moussa Moumini ne prenne les commandes d’un des groupes de cette région, le chef suprême avait dû nommer un autre cadre pour en prendre la tête. Cependant, en raison de rivalité internes et de luttes de pouvoir, AWAS avait dû finalement revenir sur sa décision.

Plusieurs prétendants seraient déjà identifiés. Les adjoints directs d’AWAS, Issa Barrey et Oussama Modali, seraient les plus légitimes. Mais, ces deux successeurs identifiés sont peuls. Or, jusqu’ici l’EIGS a toujours été dirigé par des Arabes. Cette appartenance ethnique serait-elle de nature à attiser encore les rivalités en interne ? Il est très probable que oui. Des rumeurs courent déjà sur la mort d’Issa Barrey ou de l’un de ses proches. Est-ce encore à mettre au crédit de Barkhane ? Est-ce encore après une nouvelle trahison interne à l’EIGS ? Certains chefs Peuls qui ont particulièrement progressé dans la hiérarchie au sein de l’EIGS pourraient alors revendiquer la tête de l’organisation. Un tel scénario entraînant le rejet des Arabes ou des Daoussaks créera de vives tensions car les Arabes au sein de l’EIGS se considéreront supérieurs aux Peuls et aux autres ethnies.

Enfin, alors que les forces de défense de sécurité peuvent savourer leur succès, la « chasse aux sorcières » va s’en doute s’intensifier au sein de l’EIGS. Sur fond de rivalités ethniques, la question du remplacement d’Abou Walid al Sahraoui va générer de fortes tensions entre ses adjoints encore en vie et les autres prétendants.

Siaka Sidibé

@SidibSiaka17

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