Sécurité au Sahel : une situation à la centrafricaine à éviter !

A Russian armoured personnel carrier (APC) is seen driving in the street during the delivery of armoured vehicles to the Central African Republic army in Bangui, Central African Republic, on October 15, 2020. - Russia is backing up Central African Republic President Faustin Archange Touadera for the upcoming presidential election in December 2020. (Photo by Camille Laffont / AFP)

Sur notre continent, la présence des mercenaires russes de la société Wagner n’est plus à prouver. De la Libye à la République Centrafricaine, la « Société Militaire Privée » russe Wagner a fait couler beaucoup d’encre et, tristement, pas pour évoquer les prouesses réalisées par celle-ci.

La présence russe s’est beaucoup intensifiée sur le continent africain au cours des dernières années. Ceci en devenant l’un des principaux fournisseurs d’armes du continent (49% du marché africain selon le Stockholm International Peace Research Institure) et en organisant des sommets avec les pays africains (comme celui de Sotchi en 2019).

Cependant, l’autre facette de la présence russe en Afrique est beaucoup moins défendable. En effet, les mercenaires du groupe Wagner sont connus pour leurs habitudes à transgresser les règles en vigueur dans les pays où ils interviennent et, de surcroît, participent grandement à la dégradation de systèmes sécuritaires déjà assez vulnérables. La situation en Centrafricaine est, sans doute, l’exemple le plus éloquent des abus de cette milice.

Sous des airs de conseillers militaires et d’instructeurs, au pays de Bokassa, leur réputation est tout autre sur le terrain : extorsions, meurtres et viols, telles sont les exactions que l’on reproche aujourd’hui au groupe de mercenaires en RCA.

Selon le journal « Jeune Afrique », les mercenaires sont « soupçonnés d’avoir commandité l’assassinat, en juillet 2018, de trois journalistes russes venus enquêter en Centrafrique sur les activités des hommes d’Evgueni Prigojine », oligarque russe conseiller et très proche du groupe Wagner. Toujours selon le média, « Le 21 février, à Ippy, un civil non armé tué par balle ; le 13 janvier, deux personnes handicapées abattues près de Paoua et de Grimari ; le 8 mars, deux civils peuls de Gotchélé tués ».

L’ONU a pourtant demandé à la Russie « d’apporter des précisions sur les activités réelles de sociétés privées russes, en particulier suite aux exactions en Centrafrique. Mais, les explications se font toujours attendre. Pourtant, les spécialistes sur la question s’accordent à dire qu’il y a bien un lien, en témoignent ce qu’apportent ces sociétés au Kremlin.

En effet, les pays qui ont décidé de confier leur sécurité à la Russie se retrouvent très vite piégés en cas de manque de cash pour rembourser des prêts ayant, notamment, servis à l’achat d’armes. Les pays pétroliers dans cette situation se voient alors proposer un troc pour payer leurs dettes.

C’est le cas de la Centrafrique où les armes et la présence des mercenaires de Wagner sont financées par l’exploitation du diamant par l’entreprise Lobaye Invest, société russe d’extraction minière enregistrée en Centrafrique où de nombreuses exactions ont été signalées.

L’expérience centrafricaine doit servir de leçon à tout le Sahel qui connaît une situation sécuritaire assez vulnérable due, rappelons-le, aux conflits interethniques et au terrorisme transfrontalier.

Comme le disait l’homme politique américain Benjamin Franklin, « Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux ».

Libres de choisir, nous devons être capables de faire du discernement entre ce à quoi nous aspirons et ce qui pourrait aggraver la situation actuelle. Aucun pays du Sahel ne devrait connaître plus d’atrocités qu’il n’en connaît déjà. Ainsi, notre objectif principal devrait être de mettre un terme au djihadisme, d’en finir avec les conflits interethniques et d’arriver à une cohésion sociale tant rêvée.

Il est donc évident que nous ne devons surtout pas accueillir ces mercenaires russes à la réputation plus que douteuse. Les intégrer dans notre combat quotidien face au mal qui nous préoccupe ne ferait qu’empirer les choses ou comme disent nos voisins sénégalais : « ne ferait que rajouter de la laine à la fourrure du mouton » !

Nous devons donc tirer toutes les leçons de l’expérience centrafricaine actuelle pour un avenir meilleur.

Mamadou Bare

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