Sécurité : Le soleil russe se lève au Mali

Le soleil russe est là. Il va bientôt se lever sur le Sahel. Le Mali est en voie de libération. C’est une bonne nouvelle, non seulement pour le peuple malien mais aussi pour tous les peuples des pays voisins. Longtemps asphyxiées du terrorisme, les populations vont avoir de l’air pur pour respirer.

Ancienne locomotive à la tête du géant bloc soviétique, la Russie envoie ses enfants expérimentés en Afrique de l’ouest. La paix menacée sur une longue période a la chance d’être remise à l’état neuf. Le bout du tunnel est proche d’être vu.

Vladimir Poutine le baroudeur ! Cet homme au parcours militaire redoutable n’est pas une marionnette de nature à se comporter comme un plaisantin. Célèbre par l’influence de son pays dans les relations internationales, il se distingue par sa personnalité. Avec lui, le terrorisme aura un adversaire farouche dans la surface sahélienne.

Le combat sera âpre et sans pitié. La majorité a confiance aux enfants russes. Ce sont des hommes forts. Ils ont la capacité de prêter secours aux éleveurs et cultivateurs autochtones traumatisés chez eux, afin que la stabilité ait sa place d’antan sur le sable et entre les arbustes épineux. La puissance de feu est de taille et l’expérience martiale promet d’être robuste. Dès lors, le bataillon français en place est de plus en plus occulté et de moins en moins aimé. La France est victime des conséquences qui découlent de ses propres revers. Ses colonies qu’elle piétine et maltraite ont marre d’elle.

La barkhane est un tocard, selon les critiques qui fusent de toutes parts, elle n’est pas crédible et n’a fait mieux que de laisser perdurer la tragédie. La réussite fondamentale qu’on attendait d’elle a foiré. Numériquement parlant, les nouvelles nécrologiques s’amoncellent. Si ce n’est pas au Mali, c’est au Niger, si ce n’est pas entre ces deux, c’est au Burkina.

Les témoignages sont convergents, la présence militaire n’a pas servi à restaurer la sécurité. Les gens continuent de mourir. Les langues se délient pour lui dire de quitter. La raison d’être indignés est claire comme l’eau de roche.

Quand même ! Les Africains ont tort de compter sur un pays colonisateur qui n’est pas inspiré pour les protéger. Le Mali, le Burkina et le Niger, ces trois pays sont incapables de vaincre un ennemi commun qui multiplie les carnages. C’est ridicule. Le lièvre entouré est plus puissant qu’il nargue les chiens qui l’entourent. En plus du soutien français, aucune amélioration ne pointe à l’horizon. Dans cette affaire, le mensonge occupe une place importante mais la naissance de la vérité aura bien lieu. La France d’hier est la même que la France d’aujourd’hui. Ses drones voient bien dans les gisements profonds pour s’emparer de l’or souterrain mais jamais ils ne voient les foyers terroristes pour les mettre en débandade.

Il convient de se demander pourquoi les dignitaires africains sont passifs face à cette horreur. Il est difficile de se convaincre que les présidents élus en Afrique sont conscients des mutilations massives qui déciment dans la démographie. La désolation est immense. Du nouveau sang frais vient couler sur les traces du premier sang à peine séché des victimes. Le cauchemar règne sur les esprits presque déboussolés et la démence affecte la santé mentale et psychique. L’appétit est rare pour ceux qui vivent, seulement on force pour manger et en mangeant on cherche un sursis pour ne pas mourir de faim.

La situation, en général, donne la chair de poule. C’est insupportable à l’œil, quand on regarde certains compatriotes contraints à abandonner leur champ et à fuir leur village. Des enfants sur le dos, les femmes errent sans destination précise. On a pitié de voir des gens qui sont des réfugiés malheureux dans leur propre pays. La mendicité est devenue le principal métier national pour les mineurs et pour les adultes.

Le Mali est un territoire sans Etat, le Burkina aussi, ainsi que le Niger. La dimension de l’Etat se limite au clan restreint des membres qui défendent leurs intérêts égoïstes dans le gouvernement. Du chef de gouvernement au président de l’Assemblée nationale, aucun élu ne connaît la souffrance réelle du pays réelle. Celui qui quitte le matin une chambre climatisée pour une voiture froide qui l’amène dans un bureau frais ne sait pas que le soleil de son pays natal est ardent et qu’il y a des malades qui meurent de la chaleur des températures accablantes.

Assassiné en 1987, l’ancien président Thomas Sankara disait qu’il vaut mieux faire un pas avec le peuple que de faire cent pas sans le peuple. Hélas, les gouvernants actuels n’ont pas fines oreilles à cela. On connaît leur tendance. C’est du blablabla, les discours accompagnés de forte rhétorique pour berner les peuples. Quand il s’agit de s’enrichir en cachette par le circuit des détournements à col blanc et des prévarications fiscales, les dirigeants connaissent ce tuyau. Lorsqu’il est question d’aller se cacher dans une chambre d’hôtel ou dans une autre pour jouir d’un rendez-vous de fornication, il y a de l’argent pour acheter des maîtresses.

Le drame est qu’on dira que les caisses du trésor public sont vides et qu’il n’y a pas de l’argent pour prendre soin des soldats qui se sacrifient dans le Sahel. Pourtant, toutes les missions militaires exigent des équipements appropriés. C’est obscurantiste, le chemin pris par les autorités. Les gens les dénoncent en murmurant mais les artistes et les écrivains les interpellent ouvertement au bon sens. Sans vergogne, certains ministres ou députés se permettent le vice de se rendre dans les bars pour une histoire de loisirs et de belle vie avec leur famille.

C’est immoral au sens propre du terme. Tous ces dérapages expliquent le retard des pays africains et le sous-développement. Nous parions que la chanson du musicien Alpha Blondy est une grande prophétie. Son message est incontestable : « les ennemis de l’Afrique ce sont les Africains. »

En face, le soleil russe viendra corriger beaucoup d’anomalies. La lumière qui jaillira de Wagner va embarrasser la France et faire dissiper les ténèbres. Ce que cachait Barkhane sera connu. Berceau de la déclaration universelle des droits de l’homme, la France a des théories palpitantes à congratuler mais, en pratique, les faits sont décevants. En presque dix ans dans le sahel, la mission de la force Barkhane n’a pas suffi à résoudre le problème. Le terrorisme est en vigueur et semble subsister mieux que la veille. Faut-il un siècle de guerre avant de neutraliser la terreur qui sévit ? Encore une fois de plus, l’honneur de la France sera touché. Elle s’attire tant de suspicions qui se développent contre elle. Son image risque d’être écornée quelque peu dans cette affaire spécifique du Sahel.

La France est ambiguë, sa position est floue. Toujours est-il que personne ne déteste la France. C’est un pays aimable comme tous les autres pays. La multitude adore le peuple français. Seulement tout le monde déplore la double casquette qu’elle porte. La France qui éteint en sapeur-pompier est la France qui brûle en pyromane. Pour cette raison, son absence de la contrée sahélienne est le rêve pluraliste du commun des mortels. A titre de comparaison, les avis se recoupent. Les pays colonisés par les Anglais sont en paix tandis que la tempête ne cesse de secouer les pays colonisés par la France.

Au Rwanda, elle est pointée du doigt dans le cadre du génocide, l’ancien président Sarkozy a ordonné la mort du président Kadhafi. Depuis lors, on assiste à une insécurité mortifère, au point que monsieur Macron reconnaît la déstabilisation Libyenne comme la cause de la circulation des armes dangereuses en quantité importante. La prolifération des filières terroristes en est un résultat tangible. Le pire mal que l’on souhaite aux Africains est le chaos qui est en Afghanistan et la domination de la violence religieuse qui oblige un style vestimentaire. Les pantalons coupés au niveau des mollets c’est la mode des hommes. Quant aux femmes, elles sont condamnées à porter des robes lourdes, malgré l’intensité de la chaleur qui brûle au détriment de la santé.

Les Africains ont intérêt à se mettre debout pour anticiper. En prenant leur destin en main, ils pourront éviter le désastre afghan. La France va abandonner le Mali en plein vol comme l’Amérique a lâché l’Afghanistan à la dernière minute. Le malheur ou le bonheur en Afrique dépend des Africains. Il ne faut pas se leurrer, au nom de quelle compassion et de quelle raison la fameuse barkhane va-t-elle faire la guerre pour des individus de peau différente ? La France le bon Dieu monothéiste des Africains, elle n’est pas disposée à aller ailleurs pour faire le bonheur des noirs dans leurs hameaux natals. Inutile pour les peuples de croire à cette facilité. Au mali, la présence de la France vise un but secret.
D’ailleurs, la dignité africaine des noirs n’est pas respectée. Jusqu’à présent, les inégalités raciales persistent et circulent dans les relations humaines. Les discours se répètent et les protocoles se font signer pour contenir la xénophobie tout comme on prône des mesures contre l’antisémitisme. Hélas, ça s’arrête là !

Pour beaucoup de racistes de conception radicale, la race noire est une race inférieure qu’il faut maintenir à l’état d’animal pour que la force de ses muscles soit employée dans les corvées pénibles et sous la durée interminable de l’esclavage qui récidive en multiples formes à travers le fil des ans et au gré de la succession des siècles. Bien évidemment, l’ensemble de ces humiliations injustes forment un statut péjoratif qui a si marqué le colonel malien. La solution était de prendre les armes. Il a la conviction de redorer le blason de son pays d’origine et de l’univers panafricain en défiant le caractère vassal et honteux des instances de la CEDAO. C’est bien fait pour les intéressés. Le vieux IBK laisse derrière le souvenir d’un président qui n’a pas sauvé son pays, il est parti avec ses acolytes, tous ayant été des amateurs de vices, des imposteurs éhontés et des marchands d’illusions. Son malheur a traversé la frontière.

Tant pis pour les présidents qui ont l’ivresse de faire des modifications constitutionnelles, ils verront la riposte des militaires sur le chemin. Chaque coup d’Etat en Afrique n’est pas un fait illégitime mais une réponse aux erreurs d’un président qui bâille de sommeil et dort comme du beurre de karité dans le bureau à la climatisation soporifique. Les jugements pertinents donnent raison aux peuples qui n’ont pas de confiance entre eux et les dirigeants.

Chaque président élu guette par la suite une occasion de s’ériger en grand dictateur avec des méthodes barbares pour écraser les électeurs. L’idéal est que tout cela finisse. C’est la volonté primordiale du nouvel homme fort de Guinée. A force de viser un troisième mandat, le président guinéen a vu le résultat. Le vaillant Doumbouya et ses hommes n’ont pas hésité à le déposer. C’est bien fait pour lui. Alpha Kondé n’a que ses yeux pour pleurer et il regrettera sur tout le reste de sa vie.

Si le coup d’Etat en Guinée est perçu comme l’écho des faits d’armes au Mali, ces deux événements historiques ont des points communs et des valeurs semblables. Ils risquent de s’étendre transversalement. Au sommet de chaque Etat, les autorités ne reflètent pas suffisamment de crédit et ne sont pas à l’abri de l’irruption des hommes forts qui les surprendront pour dire de démissionner et de rendre compte.

Pour le Burkina, la gouvernance est maladive, elle ne va pas mieux que ses voisins. Tout le pays est en pleurs. Il est victime des malheurs en chiffres considérables. La crise économique et la sécheresse financière torturent à tous les niveaux. La déception est généralisée, palpable tant chez des populations citadines qu’aux habitants des campagnes. Sur cette base, il y a lieu d’être inquiet.

Le président Roch Marc Kaboré a peur de son armée. Cet homme de la foi catholique n’est pas méchant et il est épis de justice pour les victimes de son pays. Calme comme un prêtre qui a quitté le froc ou un abbé timide, depuis qu’il a entamé son deuxième mandat, il sait que ça ne va pas dans son pays, même si les conseillers et les agents secrets d’Etat vantent le mensonge pour ne pas dire la vérité à côté de ses oreilles. On ne gère pas un pays comme les enfants d’une église qu’on prend en catéchèse pour les préparer à un baptême prochain de la paroisse. Les gens invitent Roch Marc à parler à la Russie.

Néanmoins, il a la chance de ne pas essuyer une fronde militaire. La situation nationale n’est pas favorable à un coup d’Etat, tout simplement parce que le Burkina revient de loin. Disons de très loin. C’est un accouchement très difficile, voire pénible. Des troubles de l’insurrection qui a chassé le président Blaise Compaoré pour raison de mégalomanie aux dégâts irréparables commis par les enfants féroces du général Gilbert Diendéré qui a fait fausse route en arrêtant le président Michel Kafando et sa suite pendant la phase de la transition, sans oublier les mots d’ordre de grève qui ont galvanisé des sorties syndicales, tout le monde sait que la douleur des épreuves est tellement immense qu’il est nécessaire de se garder de mettre en danger les vestiges de paix qui restent et qui convoitent les moments propices pour fleurir sur un nouveau départ.

Les soldats burkinabè comprennent si bien le climat national qu’ils ne veulent pas ajouter de l’huile sur le feu. C’est cette pensée qui écarte le Burkina de l’avènement d’un coup d’Etat.

Cependant, qu’on ne s’y trompe pas ! Dans ce pays, il y a toujours des hommes forts. Les casernes sont remplies des abeilles. Des éléments dangereux ont la capacité redoutable de faire changer la donne en un clin d’œil. Toujours vivant, jadis ancien commandant de la BIA, le capitaine Boukary Kaboré dit le lion a dû passer ses griffes à des soldats qui sont venus après lui pour prendre la relève de la défense nationale. Le président Roch en est conscient.

Mais, rien ne sert de faire un coup d’Etat, au stade où nous sommes. La conduite qui sied est de rester unis dans le sens de la cohésion nationale pour mieux nous projeter dans un avenir calme te pacifique. Chacun de nous est touché des tueries qui se répètent. Avec une peine lourde au cœur, notre plume est un porte-parole par lequel beaucoup de gens passent pour saluer la mémoire des vaillants soldats qui ont succombé dans le Sahel pour assurer une lutte légitime au nom de la sécurité. Avec une tristesse profonde dans les entrailles, des compatriotes s’associent à notre plume pour exprimer les condoléances à toutes les familles éplorées et souhaiter que la terre soit légère à tous les défunts civils et militaires qui ont perdu la vie au Mali, au Burkina et au Niger. La douleur est impartiale et concerne tout le monde.

La récente consolation vient du colonel malien. « Nous sommes d’accord avec le président du Mali, il a bien fait de traiter avec la Russie », ainsi clament-on. Goïta qui veut libérer son peuple est un homme visionnaire et son engagement a une signification panafricaine aux avantages collatéraux qui vont soulager le calvaire des pays noirs. Il est immortel et l’histoire retiendra son nom dans les annales des hauts personnages.

L’homme au béret vert est en danger. En danger, parce qu’il s’est assigné la mission de revendiquer l’émancipation à grande échelle pour ses frères de peau noire qui gémissent comme des poissons capturés dans les maillons des filets de l’impérialisme. Ainsi, des complots peuvent être fomentés pour torpiller la marche de sa lutte triomphale. Avec un peu de vigilance, il pourra échapper aux éventuels actes de sabotage. Un officier de sa trempe est mieux placé pour savoir. Il a la faculté de se conseiller d’avance avant d’accueillir les conseils supplémentaires.

Son rapport avec les troupes russes est une œuvre de grand courage. Assassiné en 1998, le journaliste Norbert Zongo écrivait : « tout homme digne de ce nom doit savoir faire face à son destin, ce qu’il porte dans son caleçon est le symbole de ce devoir. »

Voilà qui est bien dit comme conseil. Le colonel Goïta doit en prendre compte et se méfier d’avoir le double profil d’un traître qui se trahit et qui trahit son peuple. S’il feinte son pays, il a trompé toute l’Afrique et le procès de l’histoire ne sera pas indulgent envers lui. Alors, monsieur Goïta, au nom de la sécurité, notre plume vous dit : soyez digne et franc, soyez honnête envers vous et envers vos ancêtres lointains.

En dernier mot, votre physionomie est dotée d’une barbe copieuse. Vous la portez sans comprendre le sens, peut-être. Elle symbolise votre courage viril. Monsieur le président, votre barbe vous parle comme pour dire ’’restez fort face aux épreuves et ne tremblez pas des pressions partisanes qui viennent de partout’’. Les femmes n’ont pas de poils touffus sur cette partie du menton. Notre plume a une question à vous poser. Savez-vous pourquoi vous portez une barbe ? La réponse est là. Tenez : « l’enfant d’un lion est un lion, il porte de la barbe comme son père et non des plumes mouillées. »

Cyrille Ouédraogo, écrivain

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